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Dans Monde ferroviaire Le 27 décembre 2008

Circulez, il n'y a plus rien à voir !

(Vous pouvez maintenant reprendre votre train-train quotidien)

Un mot-clé du monde ferroviaire, c'est le sauvetage. En fait, tout est à sauver. Vous pouvez sauver une ligne complète, ou si vos moyens sont plus limités, une simple gare. Vous pouvez également viser un mix des deux, en sauvant plusieurs gares. D'ailleurs, pour sauver une ligne, tous les moyens sont bons. Visez notamment la « dés-électrification », c'est-à-dire utiliser une bonne vieille locomotive diesel sur une ligne électrifiée. Enfin, si vous avez la folie des grandeurs et 3 millions d'€ en poche, sauvez carrément un viaduc (le plus haut du monde au moment de sa construction tout de même !).

On peut supposer que si des associations ou des collectifs se forment pour sauver des choses du monde ferroviaire, c'est qu'on observe une forme de déclin... D'ailleurs, il semblerait qu'on ait perdu 2000 km de voies ferrées en dix ans.

Mais il faut savoir ce qu'on veut... des TGV rentables et rapides ou un maillage serré du territoire, mais lent et structurellement déficitaire ? La question est (un tout petit peu) orientée mais résume bien l'état d'esprit de la politique qui prévaut depuis les années 1950.

Avec l'essor des moyens de transports particuliers (aussi connus sous le nom de voiture), le train tombe en désuétude au milieu du XXème siècle. La voiture devient progressivement plus rapide et plus confortable. De nombreuses lignes sont fermées et remplacées soit par des cars (« plus modernes »), soit par...rien du tout. Voici deux cimetières : celui des lignes oubliées, et celui des lignes supprimées. On apprend ainsi qu'il fallait 0,60 anciens francs (soit 0,0009 €, mais l'inflation est passée par là) pour rejoindre Marseillan à Agde en 1913, pour 16 minutes de trajet.

Depuis les années 1980, le TGV a été le moyen de redonner une image de modernité au train en France. Même si certaines lignes continuent à être fermées, le train est à nouveau une priorité. Et pour tout le monde... Les hommes politiques nationaux ont promis de nombreuses nouvelles lignes à grande vitesse, notamment suite au « Grenelle de l'Environnement ». Les hommes politiques locaux, notamment à travers les régions qui financent les TER, investissent massivement depuis quelques années. Par exemple, jettez un coup d'oeil la région Rhône-Alpes. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la SNCF prévoit d'arriver à +50 % de chiffre d'affaires en 2012. Pour être redevenu si attractif, il semblerait bien que soutenir le train se soit transformé en un catalyseur à réélection...

Un jour, il sera peut-être rentable (électoralement si la décision est politique, ou économiquement si la décision est industrielle) de réouvrir à grande échelle des lignes actuellement fermées. Il y a en déjà une en cours de réhabilitation, la ligne des Carpates. En attendant, j'ai gardé le meilleur pour la fin : comment fermer une ligne de chemin de fer ? Tellement réaliste...

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