14 mars 2009

Le temps qu'il faut


(avant de prendre le train, il faut savoir à quelle heure le prendre)

Dans le monde des compagnies ferroviaires, il existe celles qui estiment que le Web n'est qu'un support de plus pour vendre des billets, d'autres qui pensent que c'est l'occasion de se transformer en agence de voyages ou de vendre des billets d'avion (les Français bien sûr !).

En plus de voyages-sncf.com (France), prenons au hasard la SNCB (Belgique), la Deutsch Bahn (Allemagne), les CFF (Suisse) et NationalRail (Royaume-Uni). Ce dernier site n'est pas vraiment le site d'une compagnie ferroviaire, puisqu'il y en a un sacret paquet en Grande-Bretagne, mais il est celui de référence (en tout cas d'après lui-même « Official source for UK train times and timetables »).

Tous ces joyeux sites permettent de rejoindre un point A à un point B, moyennant la présence d'une gare sur chacun de ces points. Si vous souhaitez trouver les horaires pour rejoindre Paris à Lyon, le premier réflexe serait d'aller faire un tour sur le site de notre champion national. Mais grave erreur...

Le temps qu'il faut pour trouver l'horaire

Site Paris-Lyon
Départ immédiat
Paris-Lyon
Départ le 5 avril à 8 heures
Voyages SNCF 12 s. 22 s.
SNCB 6 s. 17 s.
Deutsche Bahn 8 s. 16 s.
CFF 5 s. 15 s.
NationalRail non disponible non disponible

Le point positif, c'est bien sûr qu'on bat les anglais pour trouver les horaires de nos trains :)

Le point négatif, c'est que vous ne pouvez acheter votre billet que sur le site de la SNCF. Rassurez-vous, ce n'est certainement plus pour longtemps.

La constatation, c'est que la DB, les CFF et la SNCB utilisent un logiciel nommé Hafas pour la recherche d'horaires et que la SNCF a développé son propre machin (en Java en plus).


2 février 2009

L'offre et la demande appliquées à un univers virtuel


(ou comment recréer des bulles virtuelles)

En théorie...

Notre monde « réel » fonctionne selon une économie de marché, dont une composante essentielle est la loi de l'offre et la demande. Cette loi montre qu'il existe toujours un prix pour lequel l'offre d'un produit est en équilibre avec la demande.

Dans un univers virtuel, il est possible de manipuler cette loi à volonté pour la raison qu'elle tire en partie son sens du volume de l'offre. Si la production réelle de pétrole est finie et dépend de nombreux facteurs, il est possible de créer des barils de pétrole virtuel à l'infini. Dans mon univers virtuel, je peux changer le prix du pétrole à la hausse ou à la baisse sans me soucier de la contrainte de production. La loi de l'offre et de la demande est ainsi inversée : la quantité de pétrole virtuel que je dois mettre sur le marché dépend du prix que je fixe.

Cette méthodologie a un inconvénient majeur, elle requiert de faire le boulot du marché à sa place, c'est-à-dire constamment s'assurer que le prix de la matière première virtuelle est en adéquation avec les besoins. En supposant que le prix de mon pétrole virtuel soit bas, je vais favoriser la production des produits qui en sont dérivés.

Or dans un univers virtuel comme dans l'univers réel, un intervenant recherche d'abord la création de valeur : c'est ce qui justifie sa place dans la communauté. En favorisant la production de produits dérivés du pétrole, je diminue mécaniquement leur valeur et donc le bénéfice que peuvent en tirer leurs propriétaires. Dans mon univers virtuel, je vais donc devoir constamment ajuster le prix de mon pétrole virtuel pour m'assurer qu'il colle aux besoins de ma communauté et lui procure l'impression de créer de la valeur.

Je suis dans la situation laborieuse où je dois fixer un prix qui donne une valeur juste à une matière première que je suis en mesure de produire à l'infini (et qui n'a donc, dans l'absolu, aucune valeur).

Une solution pour résoudre le problème de prix de mon pétrole virtuel est... d'en revenir strictement la loi de l'offre et la demande. Pour cela, je dois 1. fixer une production quotidienne de pétrole virtuel (= créer l'offre), 2. trouver une règle qui permette de faire varier le prix de mon pétrole pour que la production soit exactement écoulée (= équilibrer la demande en fonction de l'offre).

1. Fixer une production quotidienne. Il s'agit d'estimer le besoin de matières premières par utilisateur et par jour (en fonction des contraintes propres à l'univers virtuel) et de mettre sur le marché ce besoin estimé multiplié par le nombre d'utilisateurs connectés pendant la journée. Au passage, il est possible d'appliquer un multiplicateur à l'estimation du besoin pour raréfier le produit (multiplicateur entre 0 et 1) ou au contraire le rendre plus abondant (supérieur à 1).

2. Fixer une règle pour la variation du prix. Dans le monde réel, le prix est un équilibre : il est déterminé naturellement en fonction de ce que les acheteurs sont prêts à payer au maximum et celui que les vendeurs à vendre au minimum (1). Dans un univers virtuel, les matières premières sont créées de nul part et vendues par personne. Le prix ne peut donc être fixé qu'en fonction de ce que les acheteurs sont prêts à payer. Pour résoudre ce problème, on peut établir une règle mathématique comme celle-ci :

  • le prix est recalculé à chaque achat
  • le prix augmente de 1 % si les achats par jour depuis le dernier changement de production excède la production voulue
  • le prix baisse de 1 % dans le cas contraire
  • le prix initial est fixé arbitrairement et suffisamment bas pour générer les premières ventes

A un instant T, les ventes seront légèrement au-dessus ou en dessus de la production fixée mais l'équilibre est toujours assuré sur le long terme.

Et voilà, la boucle est bouclée ! Vous êtes assuré que les matières premières vendues dans votre univers virtuel ont de la valeur, et par conséquent que tous les produits qui en sont dérivés en ont également.

... et en pratique !

Pour continuer, une petite mise en pratique avec un univers équestre simplifié.

Description de l'univers
  • Objectif (ou moyen pour créer de la valeur) : gagner des compétitions avec son cheval pour être valorisé au sein de la communauté
  • Matières premières :
    • foin : plus le cheval en mange avant une compétition, plus il est performant
      • production : 6 / joueur / jour
      • prix initial : 1 pièce
    • fers : plus les fers du cheval sont changés, moins le cheval se blesse
      • production : 0,5 / joueur / jour
      • prix initial : 1 pièce
  • Un joueur démarre avec un cheval et 100 pièces
  • Une compétition accepte 5 chevaux et rapporte 12 pièces au 1er, 10 pièces au 2nd, etc.
  • Un cheval peut faire quatre compétitions par jour

Que va t-il se passer ?

  • Au lancement du jeu, les joueurs vont investir leurs 100 pièces pour nourrir et ferrer leurs chevaux
  • L'offre de fers est structurellement déficitaire car seul 0,5 fer est produit par joueur et par jour alors qu'il en faudrait 8 fois plus pour permettre à tous les joueurs de changer leurs fers avant chaque compétition et éviter d'avoir un cheval blessé et donc inutilisable un certain temps. Avec les premiers acheteurs, le prix du fer va donc s'établir à un prix très élevé
  • L'offre de foin ne souffre pas d'une production inadéquate par rapport à la demande, car avec 6 foins par joueur et par jour, il est tout à fait possible de nourrir un cheval au moins une fois avant ses quatre compétitions quotidiennes. Compte tenu des 100 pièces données initialement et de celles gagnées à chaque compétition (8 en moyenne), le prix du foin va donc s'établir à un niveau certainement compris entre 5 et 10 pièces et fluctuer dans cette bande toute la durée de vie du jeu.
  • Les nouveaux joueurs sont structurellement avantagés dans leurs premières compétitions, car l'importance de leur réserve initiale leur permet d'agir de manière importante sur leur cheval au départ (2).
  • L'éditeur du jeu est tranquille, l'univers s'auto-régule :)

Il manque encore quelque chose...

Pour que l'univers fonctionne, il faut que la création de monnaie virtuelle soit équilibrée. Par équilibre, on entend que globalement : un utilisateur ne doit pas être mis en impossibilité de produire du fait d'une mauvaise répartition des liquidités ; et que la masse monétaire par utilisateur doit rester stable dans le temps.

Dans le premier cas, le risque est que des pans entiers de joueurs se retrouvent dans l'impossibilité de continuer à évoluer passé un certain stade. Dans le second, une augmentation trop massive des liquidités créerait une l'inflation incontrôlable façon République de Weimar.

Dans notre univers équestre, tout va pour le mieux. Impossible d'être bloqué puisqu'il est même possible de jouer en ne nourrissant ni ne ferrant son cheval (mais pour cela, il faudra accepter de rester nul !). Impossible de voir la masse monétaire déraper puisque les compétitions, seul vecteur de création monétaire, sont limitées à quatre par jour et par joueur.

Il ne manque plus rien maintenant. Ah si, on me souffle dans l'oreillette qu'il n'y a pas de modèle économique...


(1) Par exemple, quand une action boursière baisse, cela peut être parce qu'il n'y a plus assez d'acheteurs (ce qui se caractérise par de très faibles volumes d'échange) ou trop de vendeurs (on aura de plus gros volumes dans ce cas).

(2) Cet effet pourrait être facilement annulé par l'ajout d'une composante « expérience » au cheval. L'expérience se gagne en fonction du nombre de compétitions réalisées et influe positivement sur les résultats futurs du cheval.


27 décembre 2008

Circulez, il n'y a plus rien à voir !


(Vous pouvez maintenant reprendre votre train-train quotidien)

Un mot-clé du monde ferroviaire, c'est le sauvetage. En fait, tout est à sauver. Vous pouvez sauver une ligne complète, ou si vos moyens sont plus limités, une simple gare. Vous pouvez également viser un mix des deux, en sauvant plusieurs gares. D'ailleurs, pour sauver une ligne, tous les moyens sont bons. Visez notamment la « dés-électrification », c'est-à-dire utiliser une bonne vieille locomotive diesel sur une ligne électrifiée. Enfin, si vous avez la folie des grandeurs et 3 millions d'€ en poche, sauvez carrément un viaduc (le plus haut du monde au moment de sa construction tout de même !).

On peut supposer que si des associations ou des collectifs se forment pour sauver des choses du monde ferroviaire, c'est qu'on observe une forme de déclin... D'ailleurs, il semblerait qu'on ait perdu 2000 km de voies ferrées en dix ans.

Mais il faut savoir ce qu'on veut... des TGV rentables et rapides ou un maillage serré du territoire, mais lent et structurellement déficitaire ? La question est (un tout petit peu) orientée mais résume bien l'état d'esprit de la politique qui prévaut depuis les années 1950.

Avec l'essor des moyens de transports particuliers (aussi connus sous le nom de voiture), le train tombe en désuétude au milieu du XXème siècle. La voiture devient progressivement plus rapide et plus confortable. De nombreuses lignes sont fermées et remplacées soit par des cars (« plus modernes »), soit par...rien du tout. Voici deux cimetières : celui des lignes oubliées, et celui des lignes supprimées. On apprend ainsi qu'il fallait 0,60 anciens francs (soit 0,0009 €, mais l'inflation est passée par là) pour rejoindre Marseillan à Agde en 1913, pour 16 minutes de trajet.

Depuis les années 1980, le TGV a été le moyen de redonner une image de modernité au train en France. Même si certaines lignes continuent à être fermées, le train est à nouveau une priorité. Et pour tout le monde... Les hommes politiques nationaux ont promis de nombreuses nouvelles lignes à grande vitesse, notamment suite au « Grenelle de l'Environnement ». Les hommes politiques locaux, notamment à travers les régions qui financent les TER, investissent massivement depuis quelques années. Par exemple, jettez un coup d'oeil la région Rhône-Alpes. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la SNCF prévoit d'arriver à +50 % de chiffre d'affaires en 2012. Pour être redevenu si attractif, il semblerait bien que soutenir le train se soit transformé en un catalyseur à réélection...

Un jour, il sera peut-être rentable (électoralement si la décision est politique, ou économiquement si la décision est industrielle) de réouvrir à grande échelle des lignes actuellement fermées. Il y a en déjà une en cours de réhabilitation, la ligne des Carpates. En attendant, j'ai gardé le meilleur pour la fin : comment fermer une ligne de chemin de fer ? Tellement réaliste...


23 décembre 2008

La SNCF utilise les outils Web 2.0 comme ses pieds


(Ah bon, ça marche un train ?)

Comme j'en faisais mention dans un précédent billet, la SNCF utilise depuis quelques mois maintenant un outil dit « Web 2.0 » pour discuter avec ses usagers (si vous êtes de gauche) ou clients (si vous êtes de droite). Principe : les utilisateurs proposent des suggestions, puis les utilisateurs et visiteurs votent et la SNCF s'engage à répondre aux suggestions les plus appréciés. La SNCF a appelé ça « Opinions & Débats ».

J'ai donc posté mon opinion, titrée « Payer moins cher en scindant mon billet ». Elle a rapidement atteint une bonne popularité (il faut dire que contrairement aux billets de ce blog, le titre est assez aguichant) et j'ai donc eu le droit aujourd'hui à ma réponse de la SNCF !

Ô privilège, il s'agit du « Directeur Général de Lyria », la ligne que j'emprunte le plus, qui me répond. Mais... grosse déconvenue, la réponse est à côté de la plaque. Mon interlocuteur ne me répond pas sur le fond, il m'indique simplement que l'astuce que je j'utilise est passible d'une amende (ah bon ? j'avais pas remarqué tiens...).

En analysant les réponses fournies par la SNCF sur d'autres sujets, on remarque plusieurs choses :

  • Un usage intensif du copié-collé (d'ailleurs dénoncé par d'autres utilisateurs)
  • Une manie à se défausser sur tout ce qui est non-SNCF (sous-traitants, état, RFF, RATP...)
  • Une défense jusqu'au-boutiste du site voyages-sncf.com (étonnant alors que 40 % des suggestions les plus populaires le critiquent de façon assez virulente...)
  • L'absence de « débat » : une fois que le représentant de la SNCF a donné sa réponse, il est impossible de dialoguer avec lui.

L'impression que donnent les réponses officielles de la SNCF est que les dirigeants qui se prêtent au jeu ne le font pas de gaité de cœur, mais comme contraints par des objectifs qui leur ont été assignés. Le résultat est loin de ce qu'on pourrait attendre un site 2.0 : on ne lit que des justifications de la SNCF et la répétition d'un discours officiel que l'on entend déjà ailleurs. On pourrait en attendre plus d'un outil communautaire...

C'est vraiment dommage, la SNCF aurait tout à gagner en admettant parfois son impuissance ou son incapacité à améliorer une situation. Un outil comme Opinions & Débats aurait été un lieu parfait pour cela, admettre ses faiblesses et donner tout son sens au mot Débat. Par nature, les gens sont raisonnables, et le proverbe « Faute avouée, faute à moitié pardonnée » se justifie toujours.

Malheureusement, le comportement des responsables qui rédigent les réponses est tout à fait prévisible. Ceux-ci n'ont en effet absolument aucun intérêt à admettre des erreurs. Pourquoi ? En admettant des erreurs, ils engageraient leur responsabilité au sein de l'entreprise. Comment pourraient-ils justifier leur poste si leurs échecs sont étalés aux yeux de la France entière ? Le linge sale se lave en famille.

Je vais profiter de ce billet pour lancer un petit jeu qui va m'amuser pendant les prochains mois : la chasse à une vraie réponse à ma question sur les billets scindés. Next step : me prendre une prune et la contester :) Facile, le Week-end prochain, j'irai me dénoncer auprès du contrôleur...


16 décembre 2008

Heureux les clochers des églises, leurs girouettes sont bénies


Le sens du vent chez les marchés...

Observons la parité Euro/Dollar depuis janvier 2008 :

Une conclusion s'impose : les marchés financiers n'anticipent pas, ils réagissent à la hausse et à la baisse en fonction du sens du vent.

  • Acte I de janvier à août : la FED baisse ses taux et la BCE les laisse inchangés, incitant les investisseurs à acheter des euros (puisqu'ils sont mieux rémunérés !)
  • Acte II de août à novembre : la situation se dégrade aux États-Unis avec la mise sous tutelle de Freddie Mac et Fannie Mae, la disparition de Lehman Brothers, le renflouement de l'assureur AIG, etc. Et pendant ce temps-là, le dollar monte. Plus les US vont mal, mieux leur monnaie se porte (sic).
  • Acte III de décembre à ? : le dollar repart dans une baisse effrénée, pour le moment expliquée par des raisons techniques par des analystes dont la fiabilité reste à démontrer.

En 3 mois, on passe d'un plus bas historique du dollar face à l'euro (atteint en juillet) à un plus haut de 3 ans (atteint en octobre).

Si la hausse du dollar survenue à partir d'août est contradictoire avec la dégradation concomitante de la santé de l'économie américaine, il y a quelques raisons qui peuvent la justifier.

Une de ces raisons est que lors de moments de paniques, on observe un « Fly to quality », que l'on peut traduire par « Sauve qui peut ». Les investisseurs se ruent en masse et selon la méthode Panurge vers les placements considérés comme les plus sûrs du moment. Or, en ces temps difficiles, ces placements sont notamment la dette de nos états, et plus particulièrement la dette américaine. Et pour acheter de la dette américaine, il faut bien des dollars.

En attendant, le dollar risque bien de replonger vers ses plus bas niveaux d'ici quelques mois. Les US ont en effet une dette exponentielle, qui a augmenté de 15 % depuis le début de l'année (!). D'après le plan concocté par Obama (1000 milliards de $ parait-il), ce n'est pas prêt de s'arrêter. À un moment, il faudra bien rembourser et viendra un temps où la confiance dans la dette américaine cessera. Quand ce moment arrivera, les États-Unis seront en cessation de paiement, incapables de faire face à leurs échéances (et cela peut-être dès l'été 2009 d'après le GEAB).

Il leur restera alors une solution : faire tourner la planche à billets pour rembourser les dettes. Dans le meilleur des cas, cela dévalue une monnaie et provoque de l'inflation. Dans le pire des cas, l'hyperinflation. Et accessoirement, du chômage de masse.

À ce petit jeu de la dette, notons que le rendement de l'OAT (Obligation Assimilable au Trésor, dette à long terme émise par l'état français) était à 3.7 % fin novembre, tandis que son homologue allemande était à 3.3 %. Autrement dit : les investisseurs prêtent à un taux plus faible aux allemands qu'aux français. Ils considèrent donc que nous prêter de l'argent est plus risqué... Pas d'inquiétude cependant, ça ne date pas d'hier.

... et chez nos banques centrales

Maintenant, observant l'évolution des taux d'intérêts fixés par la BCE et la FED :

Taux BCE
Taux FED

Là aussi une conclusion s'impose : les dirigeants européens et américains n'anticipent pas plus que les marchés. Ils (sur-)réagissent aux événements. Un Kiervel ? -75 points de base chez la FED. Un Lehman Brothers ? -50 points de base. Du côté de la BCE, c'est reculer pour mieux sauter, +25 points de base en juillet pour faire -175 cumulés les quatre mois suivants.

Pour rappel, les taux directeurs, notamment le « REFI », correspondent au taux d'intérêt payé par les banques commerciales lorsqu'elles empruntent de l'argent à leur banque centrale comme la BCE. Par effet de ricochet, elles ne peuvent pas prêter pour moins cher au particulier... Si la BCE augmente ses taux, le crédit sera plus cher, et vice-versa...

Eh oui, nous vivons dans le monde de l'argent-dette.

Et en ce moment, la mode est à la baisse des taux pour soutenir l'économie : moins le crédit est cher, plus les particuliers et entreprises empruntent et font tourner la machine. À l'inverse, moins d'endettement apporte moins de croissance. D'ailleurs, au rythme ou la FED et la BCE vont, on risque de passer à un taux d'intérêt négatif. Avec un taux d'intérêt négatif, on vous paie pour emprunter (on peut rêver !). Il y a d'ailleurs des précurseurs dans ce domaine : la Suisse a expérimenté le taux d'intérêt négatif pendant quelques jours dans les années 70.

Les dirigeants mondiaux pilotent le navire à vue, ils n'ont à l'heure actuelle aucune capacité d'anticipation. Essayez de faire le Vendée Globe sans boussole, bonne chance !

Mais, si les taux de la BCE baissent, que les banques se prêtent de l'argent entre elles pour moins cher depuis octobre, pourquoi le taux variable sur mon emprunt immobilier va t-il augmenter de 0,45 % en 2009 ? Il faut bien rattraper quelque part l'argent perdu ailleurs :)


Aller à la page : 1 | 2
Site personnel de Vincent Guth | 10 articles | 12 commentaires | 241447 visites